Allemagne, 1919
Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, l'Allemagne, vaincue, connaît de nombreux
troubles qui ont émergé
dès 1917, après le renversement du Tsar. L'année 1918 voit donc l'apparition des
premiers conseils ouvriers ; début
novembre les marins de Kiel se mutinent et forment un conseil de soldats, les soldats de
Hambourg et Brême font de
même. Cologne, Hanovre et d'autres villes connaissent la fièvre révolutionnaire. Le 9
novembre Guillaume II abdique
et les sociaux-démocrates, écartant les spartakistes, prennent le pouvoir en créant un
"conseil des commissaires du
peuple". La plupart des conseils de soldats décident de soutenir ce gouvernement. En
décembre les spartakistes
manifestent et rassemblent plus de 150 000 personnes à chaque fois. Les grèves sont
interdites et réprimées dans le
sang. En réponse à la trahison des sociaux-démocrates qui forment des milices, est
créé le 1er janvier 1919, le parti
communiste allemand largement composés de membres de la ligue Spartakus. Noske obtient
les pleins pouvoirs pour
balayer la révolution. A partir du 5 janvier, spartakistes et anarchistes vont être à
l'origine d'affrontements de rues
durant plus d'une semaine. Pendant ce temps les réformistes qui tiennent les usines,
organisent la défense de l'état
bourgeois. Ce qui permet aux armées régulières de reprendre le contrôle des rues. Le
14 janvier la lutte armée cesse à
Berlin. Le lendemain, les SpartakistEs Rosa Luxembourg et Karl Liebnecht sont assassinés
sur l'ordre du social-
démocrate Noske. Des exécutions massives suivront. Ceci ne signifie pourtant pas que
toute résistance est anéantie
dans le pays. En Hongrie, le 21 mars 1919 est déclarée la commune de Budapest. Ceci
redonne peut-être espoir aux
insurgés allemands, et à Munich, dans la nuit du 7 avril 1919, à l'initiative des
ouvriers du conseil d'Augsbourg, le
conseil central, appuyé par la garnison des communes, déclare la République des
Conseils de Bavière. Un avis est
apposé dans les villes, et le lendemain, le gouvernement s'est enfui, "Munich est
aux mains des révolutionnaires".
Quelques anarchistes, dont le poète Erich Mühsam font partie de ces conseils ouvriers
sous large influence
bolchevique. Un gouvernement est alors formé et Gustav Landauer, le ministre de la
culture, propose un système
d'école libre et de théâtre du peuple. Mais dans l'ouvrage d'Hakim Bey, TAZ, on note
que "le soutien au Soviet resta
confiné aux travailleurs les plus pauvres, aux banlieues bohémiennes de Munich et à des
groupes comme les
WanderVogel (le mouvement néo-romantique de la jeunesse), les juifs radicaux (comme
Buber), les Expressionistes et
autres marginaux". Et tout comme le conseil de Berlin, celui de Munich ne perdurera
pas, lui aussi réprimé dans le
sang par l'armée et les milices fascistes, le 13 avril. Une fois l'insurrection matée,
ses "meneurs" liquidés, les
corps-francs et autres sociétés occultes aryennes (comme la Thulé Geselschaft) purent
préparer le terrain pour
l'élection d'Adolf HiItler.