Les Bourses du Travail
En 1887, année d'ouverture des premières Bourses du Travail (à Paris et Nîmes), on
comptait 250 000 syndiqués, travaillant pour la plupart dans des petites entreprises. En
effet, à part le secteur des mines et du textile, la France était encore essentiellement
un pays rural et la durée quotidienne du travail était de 14 h. La culture ouvrière
était issue des corporations de métier et les militants syndicaux des
anarcho-syndicalistes. Les Bourses se sont donc construites avec les principes de
renouvellement des mandats (rotation des tâches) et d'indépendance vis-à-vis des partis
politiques.
Financièrement, elles fonctionnaient grâce aux cotisations syndicales et surtout avec
des subventions communales. A côté de la structure verticale des syndicats de métier
(défense des travailleurs d'un même métier), les Bourses du Travail assuraient avec les
Unions Locales des syndicats un rôle horizontal : entraide locale interprofessionnelle,
formation générale, antimilitarisme (1914), etc. Quand leurs moyens humains et
financiers le permettaient, elles remplissaient les fonctions suivantes :
· Service de placement gratuit pour les ouvriers syndiqués, servant à contrer les
services d'embauche patronaux, qui eux, étaient payants.
· Secours chômage, un soutien financier (prélevé sur les cotisations syndicales)
destinés aux syndicalistes licenciés.
· Le sou du soldat, un petit pécule destiné aux syndicalistes incorporés.
· Services médicaux, car la Sécu à cette époque...
· Viatique, pour les "trimardeurs" syndiqués (ouvriers du bâtiment
itinérants), l'hébergement et le repas étaient offert.
· Etudes statistique de placement, réalisées par les Bourses pour informer les ouvriers
sur la situation économique et sociale locale.
· Service d'enseignement, allant des cours de perfectionnement, aux débats,
conférences, bibliothèques...
Après les années 30, les Bourses du Travail serviront essentiellement de locaux pour les syndicats réformistes, ainsi qu'à la formation de leurs permanents...