Mc Dollars en France (chiffres 1996/97)
o c'est 630 restaurants qui placent notre pays au 6ème rang mondial (hors USA) des
consommateurs de produits McDollars (97)
o c'est 9,4 milliards de francs de chiffre d'affaires annuel (97)
o c'est 25 000 salariés, dont 800 seulement travaillent à temps pleins (96)
o c'est un budget publicitaire de 200 millions de francs (96)
12 Octobre, journée internationale de soutien aux salariéEs de McDollars
16 Octobre, journée internationale d'actions Anti-McDollars

Depuis sa création, il y a presque 50 ans, la pompe à fric McDollars s'est implantée
dans pratiquement tous les pays de la planète (avec plus de 20 000 restaurants) et a
déjà vendu plus de cent milliards de hamburgers. Ainsi, à travers le monde entier,
McDollars s'est imposé, avec Pizza Hut, Coca, Pepsi, Nike ou Walt Disney, comme la
vitrine du rêve américain, et surtout du modèle néo-libéraliste. Car McDollars c'est
avant tout une philosophie, un mode de vie, un modèle social et une profession de foi,
celle du rendement et de l'exploitation. Le 16 Octobre, journée mondiale contre la faim,
est devenue la journée mondiale contre McDollars et contre le néo-libéralisme. Deux
militants libertaires anglais à l'initiative de ce combat, ont été condamné le 29 Juin
1997, à payer 78 000 £ d'amendes pour avoir édité et distribué des tracts
d'informations jugés diffamatoires, (vous pouvez les consulter sur www.mcspotlight.org).
Dans le monde entier, des collectifs Anti-McDollars se sont mobilisés pour agir. En
attendant les prochains rassemblements, continuez de faire circuler les informations et
boycottez les fast-foods.
Historique
L'empire McDollars a été fondé en 1940, par les frères McDonald, Mac et Dick, qui
lancèrent ainsi une chaîne de restaurants spécialisés dans la gastronomie américaine,
celle du rapide et du gerbant. Dès 1955, la première Hamburger University ouvre ses
portes à Elk Grove, près de Chicago. On y enseigne la stratégie, la philosophie et la
gastronomie selon McDollars. En 1963, le clown Ronald McDonald, l'ami des bambins, vient
promouvoir le Big Mac. En 1983, un nouveau centre de formation pour les employés
McDollars, la New Hamburger University, ouvre ses portes dans l'Illinois.
o Un système hiérarchique sectaire défini selon des termes McDollars
90% des salariés de la firme ont entre 18 et 25 ans, et ils peuvent espérer monter en
grade s'ils se montrent disciplinés et corvéables à merci. Ils doivent en outre porter
des costumes colorés changeant suivant la position hiérarchique.
o Equipier/e : uniforme rouge et blanc. Smicard/e, à temps partiel. Travaille en salle,
en cuisines ou aux caisses. Pointage.
o Instructeur : forme et surveille les équipiers, et effectue les mêmes tâches que
ceux-ci pour 50 centimes/heure de plus. Pointage.
o Swing : travaille à temps plein pour 5800 frs net, et ne pointe pas. Peut espérer
devenir manager.
o Manager : avec sa chemise blanche et sa cravate, travaille pour 6000 frs à plein temps
et ne pointe pas. Il y a 4 ou 5 managers par restaurant, dont ils sont responsables, même
s'ils n'ont aucun pouvoir de décision. Le manager s'occupe également des caisses et des
cuisines en cas de faibles effectifs. Peut espérer être promu assistant du directeur
(3ème ou 2ème) ou Store Manager.
o Store Manager : 1er assistant du directeur du restaurant.
Paternaliste et autoritaire, la firme Mc Dollars impose à ses "cadres" des
stages dans ses deux Hamburger University qui se trouvent aux Etats-Unis et dont le slogan
est : "Si tu veux, tu peux !". Au quotidien, dans tous les restaurants, ses
employés subissent un système humiliant de gratifications (promotion à un rang
supérieur, meilleur employé de la semaine, décorations...) et de punitions (semaine en
salle, ce qui équivaut au nettoyage des sols, des tables, des poubelles...).
o Une conception du travail oscillant entre le stakhanovisme et le taylorisme
Les employés de la firme américaine, dont bon nombre d'étudiants, doivent se soumettre
à des cadences de vente infernales (3 mn par client), à des horaires ultra-flexibles, à
des heures supplémentaires, ce qui les réduit à être à l'entière disposition de leur
employeur et implique un turnover conséquent. Même si la représentation syndicale est
autorisée chez McDollars depuis octobre 1996, elle n'est absolument pas respectée, et
impossible dans les restaurants de moins de 50 employés. Ce qui permet notamment au
directeur de surveiller le rythme de travail de ses employés grâce à des caméras
vidéos et aux caisses enregistreuses, raccordées à son bureau. Aux USA, McDollars
utilise le détecteur de mensonges pour connaître les affinités syndicales de ses
employés. Cette technique est interdite au sein de la CEE.
En France, près de 475 restaurants sont franchisés. Dans ces cas là, McDollars est
uniquement propriétaire des murs et du terrain. Le gérant a donc une part importante
dans le fonctionnement d'un restaurant, et reverse en plus 25 % de son chiffre d'affaires
à la firme américaine. On exploite comme ça chez McDollars.
o Une image respectable d'écologiste...
McDollars participe pourtant activement à la déforestation massive en Amérique du Sud.
Ceci de manière à permettre l'élevage intensif de boeufs gavés aux hormones, dont la
firme est l'une des principales utilisatrices au monde, sous forme de steaks hachés. Mais
l'abattage industriel concerne aussi les poulets, qui eux sont élevés en batteries, sans
accès à l'air libre. Rien qu'en France, 300 000 bêtes sont tuées chaque année pour
satisfaire les milliers de clients McDollars.
Quant aux menus standardisés servis par McDollars, ils ne fournissent pas les éléments
nécessaires à un bon équilibre alimentaire. Au contraire, dénués de fibres et de
vitamines, ils sont agrémentés d'additifs alimentaires chimiques et de matière grasse,
contribuant ainsi au développement de troubles de la santé comme l'obésité, le
diabète, le cancer, les troubles cardiaques...
McDollars prétend également recycler ses déchets, ce qui est faux. Seule, une faible
partie, celle récupérée dans les restaurants, est partiellement recyclée.
...et d'ami de la famille
Insidieusement, McDollars et son clown Ronald, visent un public très jeune
(c'est-à-dire, élevé au BigMac), auquel il est souvent difficile de refuser le menu
junior avec son cadeau Walt Disney tant convoité, un petit défoulement à l'espace-jeux
et son château gonflable (Ronaldland), ou même un anniversaire personnalisé avec des
amis. Le Manuel des opérations de la firme précise également : Rappellez-vous que les
enfants exercent une influence majeure quand il s'agit de choisir un resto : cela veut
dire qu'il vous faut tout faire pour susciter chez les enfants l'amour de Ronald et de Mac
Donald's.
Mc Dollars, un modèle social déshumanisé
Les spots publicitaires laissent croire qu'un restaurant McDollars est un lieu
d'échanges, un lieu qui pourra combler le fossé des générations et le manque de
communication, qui permettra la même convivialité que n'importe quel autre restaurant,
qui nourrit les gens pressés, ceux qui travaillent. Mais ces différentes publicités
veulent surtout faire du style McDollars, un additif quotidien incontournable, en imposant
la standardisation sociale, et non l'égalité. Il est évident que dans un endroit aussi
aseptisé, où les tables accueillent des clients nouveaux toutes les 3 minutes, et où le
personnel, soumit à une doctrine stricte, répète des formules de vente toutes faites à
longueur de journées, on ne peut que se sentir heureux.
Toutes les sociétés qui suivent utilisent, à peu de choses près, les
mêmes méthodes que McDollars pour s'imposer aux consommateurs.
En France McDollars, Quick et Burger King (qui vient de fusionner avec Jackson Burger),
sont les trois principaux leaders du hamburger, qui représente 11% des déjeuners pris en
semaine.
McDOLLARS : 7 milliards de chiffre d'affaire en France et 160 milliards
dans le monde (96), créé en 1940, implanté en France depuis 1972.
QUICK : 3,2 milliards de chiffres d'affaires en 1997, créé en 1971 en
Belgique, implanté en France depuis 1980, avec 270 restaurants.
BURGER KING : 300 millions de francs en 1994, créé en 1955 en Floride,
implanté en France depuis 1980.
KENTUCKY FRIED CHICKEN et FREE TIME sont également dans
la course, mais sont presque uniquement implantés sur Paris.
Quant aux rois de la pâte à livraison rapide, PIZZA HUT et
DOMINO'S PIZZA, ils se partagent largement le marché en France, avec de
nombreuses petites sociétés locales concurrentes. Bref, un marché en pleine
expansion...
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Anti-© 1998