La police politique
L'Etat ne serait rien sans sa fidèle machine de contrôle et de répression, la police.
Mais au-delà des fonctionnaires civils ou en uniformes, on découvre tout un appareillage
occulte destiné à "connaître" et à manipuler les activités de chaque
citoyen. Ainsi, l'Etat français s'est doté de plusieurs organes de surveillances et
d'actions, aux objectifs bien déterminés.
o La DST, (Direction de la Surveillance du Territoire), par exemple,
surveille les diplomates et les espions étrangers opérant sur le sol national. Dépend
du Ministère de l'Intérieur.
o La DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure), elle,
opère presque uniquement à l'étranger. Son Service Action (constitué de militaires
d'élites) s'est rendu célèbre lors du sabotage du Rainbow Warrior. Dépend du
Ministère de la Défense.
o La DCRG (Direction Centrale des Renseignements Généraux), enfin, qui
opère uniquement en France, au niveau économique, social, politique et culturel. Dépend
du Ministère de l'Intérieur.
La DST et la DGSE demeurent des organes liés à l'armée, alors que les Renseignements
Généraux ne sont rien d'autres qu'une Police Politique. Le mot n'est pas innocent, car
les R. G. furent créés par Pétain en 1941. Le vieux monsieur avait déjà des modèles
efficaces autour de lui : la gestapo ou le KGB par exemple. D'ailleurs dans une dictature
comme celle de Vichy, quoi de plus normale que le contrôle des citoyens ?
A quoi servent exactement les Renseignements Généraux ? Derrière un nom aussi anodin se
dissimule la plus grande entreprise nationale de fichage collectif.
Les R. G. forment un réseau secret, quasi indépendant et incontrôlable, censé
renseigner les autorités sur les éléments qui concourent au maintien de l'ordre, en
établissant des notes d'information, des réactions, des commentaires (politique, social,
économie, religion). Outre ce rôle valorisant, les 3800 fonctionnaires des R.G. qui sont
quotidiennement sur le terrains questionnent, répertorient, infiltrent tous les
mouvements sectaires, politiques, syndicaux et associatifs. Ce sont aussi les R.G. qui
envoient les "agents déstabilisateurs", notamment dans les milieux alternatifs,
indépendantistes, syndicalistes et sectaires de manière à générer chaos et violence.
L'assassinat des opposants au régime, des indicateurs douteux, ou de hauts
fonctionnaires, est également de l'apanage des R.G. La manipulation est leur métier.
Ainsi, les R. G. n'hésitent pas à répandre et entretenir des rumeurs, dans quelques
milieux que ce soient.
Cet organisme a le privilège de centraliser des informations détenu par lui seul. C'est
pourquoi les partis politiques ont recours à ses services pour connaître l'opinion
populaire. Les sondages d'opinions et les prévisions des R. G. sont d'ailleurs plus
précises que celles de la SOFRES. Grâce à leurs antennes et à leurs indicateurs, les
R. G. connaissent les dessous des manipulations politiques, scientifiques ou
industrielles.
Leur statut particulier leur permet surtout d'exercer des pressions et de former des
indicateurs (un des profanateurs de Carpentras était un indic des RG), d'étouffer des
affaires embarrassantes (l'affaire des diamants avec Giscard d'Estaing), d'avoir recours
à des méthodes illégales telles que le chantage et les exécutions sommaires (le
pasteur Doucé, militant gay, fut assassiné par les R.G., son appartement entièrement
fouillé)...