Les murs ont des oreilles

L'Elysée, la police (stups, PJ, GIPN, RAID), les douanes, la Gendarmerie et le GIGN (longtemps dirigé par Paul Baril et Christian Prouteau, tous deux mis en examen respectivement pour proxénétisme et dissimulation de documents...), les Renseignements Généraux, la DST et la DGSE, ne se sont jamais privés d'utiliser les écoutes téléphoniques pour surveiller leurs concitoyens. Même si les écoutes permettant de confondre des dealers, des terroristes, des trafiquants d'armes ou même des pédophiles, paraissent justifiées aux yeux de beaucoup, on se demande bien pourquoi François Mitterand s'est permis d'écouter Jean-Edern Hallier, Carole Bouquet ainsi qu'un journaliste du Monde. Une fois le secret défense levé, nous en saurons sans doute un peu plus... Mais l'Etat fait triste figure en matière d'écoutes téléphoniques. On estime en effet qu'en 1996, il y eut près de 100 000 écoutes privées (ou sauvages) contre 13 000 officielles. Dans le commerce, un scanner captant les conversations de portables, de sans fils et de (vétuses) téléphones de voitures non cryptés coûte environ 2000 frs. Il est aussi possible de consultés les messages envoyés par fax. D'autres gadgets encore meilleur marché (capsules ou radioémetteur miniaturisés) connectés à une prise ou un écouteur, permettent d'espionner n'importe quel combiné : celui de votre femme, de votre mari, de vos concurrents, de vos collègues de travail, de vos ennemis, des partis politiques adverses...

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