Fouilles au corps
Il n'est pas toujours simple de se rendre dans une grande surface, ne serait-ce que
pour acheter du lait, de la marga, du PQ, une ampoule ou du chocolat de cuisine. Les
choses peuvent se compliquer pour vous si en plus, vous êtes "mal habillés",
"mal coiffés", "pas de la bonne couleur", "pas du bon sexe"
et que vous avez un sac à dos. (D'ailleurs pour les garçons c'est sac à dos, pour les
filles c'est sac à main... même si les sacs sont identiques !). Bref en entrant ou en
sortant d'un magasin, un bon gros vigile aux cheveux (très) courts vous proposera
d'ouvrir votre sac. Et parfois il vous proposera de le suivre pour vous fouiller, étant
sûr que vous avez, à vous tous seul, pillé "son" magasin. Ces fouilles
s'avèrent humiliantes et parfois dérapent en intimidations et abus divers. Sachez qu'un
vigile, (pas plus que sa direction d'ailleurs), n'ont le pouvoir de vous fouiller. Il ne
faut donc pas hésiter à faire valoir ses droits. Ainsi, vous et vos affaires ne peuvent
être fouillées sans votre accord, et uniquement sous le contrôle, ou par un officier de
police judiciaire. C'est-à-dire qu'un vigile ou le directeur du magasin ne peuvent vous
fouiller sans la présence des ("vrais") flics. En revanche, comme tout citoyen
et selon l'article 73 de procédure pénale, ils peuvent retenir un "suspect"
pour le remettre à la police. Dans le cas de "flagrant délit" de vol ou (selon
une jurisprudence) "sur le soupçon de sa réalisation si les circonstances sont
telles qu'elles pourraient le rendre vraissemblable." Si vous estimez en plus avoir
été retenus de façon abusive ou avoir subi une atteinte à votre intimité, à votre
honorabilité, vous êtes en droit de porter plainte. Même si ça vous parraît inutile,
songez tout de même que des mini-scandales à répétition dans les grandes surfaces leur
sont au final préjudiciables. Pour l'image de marque du magasin, pour la mobilisation des
vigiles, pour la démotivation du reste du personnel, pour le temps précieux qu'on peut
leur faire perdre, et surtout le plaisir qu'on prend à les faire chier.