De par le monde, chaque année,on ne dénombre pas moins
d'1 million de morts et 250 000 blessés à cause du travail,
ce qui équivaut à 3000 décès par jour !
Oui, la réalité est là, 3000 personnes crèvent chaque jour à cause de leur boulot. Triste constat. Mais que l'on se rassure. On meurt moins en France qu'au Bangladesch ou en Bulgarie, par exemple. En France, il y a la Sécu, les prud'hommes, les syndicats (?), la médecine du travail, etc., qui s'occupent de nous protéger des turpitudes du patronat pendant qu'on turbine. En revanche au Pakistan ou au Mexique, les ouvriers et les paysans ont que dalle. Ils cultivent, le ventre vide, les champs des grands propriétaires, ou bossent pour Nike, Disney, Levis dans des conditions insalubres 12 h par jour. Mais eux au moins, ce ne sont pas des feignasses de chômistes, et ils méritent leur salaire. Oui, il faut l'avouer, des gamins de 10 an bossent pour Nike ou Disney afin de gagner de 2 à 8 francs par jour.
De quoi peut-on se plaindre quand on a un emploi et en plus un salaire ? Il y a bien des gens qui travaillent bénévolement, c'est dire si le boulot élève l'homme. Pour assurer leur intégration sociale, les prisonniers politiques chinois fabriquent des ballons dans les goulags, aux USA et même en France, les taulards bossent en sous-traitance pour des entreprises. Mais bon, eux ils l'ont bien mérité, s'ils sont en taule c'est pas pour rien, non ? Pourtant des individus qui ne travaille pas pour leur rédemption sociale, mais pour leur bien-être matériel et social - ce qui revient peut-être au même finalement - bossent volontairement près de 60 h par semaine, dans la grande distribution notamment. C'est beau le travail, c'est la base même de toutes les dictatures. Que l'on pointe en taule ou chez Renault, le boulot reste le même, il n'y a que le dortoir qui change. La hiérarchie, la discipline, le zèle, l'obéissance, la soumission, se retrouvent dans tous les boulots, avec ou sans les chaînes. Il faut bosser, toujours trimer, pour la puissance du Reich, pour la gloire de Dieu, pour les moustaches de Staline,pour exalter le Grand Danube de la Pensée, pour McDonaldiser le monde, pour l'avènement de Big Brother...
Nous vivons pourtant dans une ère de haute technologie qui permettrait d'assurer le confort de tous sans que nous ayons à déployer trop d'efforts individuels. N'empêche que des ouvriers meurent toujours dans des accidents du travail (usines, chantiers, électricité, nucléaire...), et contractent des maladies mortelles au contact (sans protection) de produits toxiques comme l'amiante - qui tue 100 000 personnes par an - les pesticides, les déchets radioactifs, les peintures... On ne compte plus les cancers, leucémies, troubles respiratoires, cardio-vasculaires engendré par le manque de sécurité. Tout ça pour plus de rendement. Et en France comme ailleurs, les accidents et les maladies salariales sont bien évidemment dus aux conditions de travail précaires, au matériel obsolète, à une législation inexistante, au stress et aux heures supplémentaires. L'esclavage volontaire qu'est le salariat n'est plus une notion d'avenir. Il n'est plus envisageable de continuer à bosser pour se tuer au boulot. Donner chaque jour 8 heures de sa vie à un patron ou à l'Etat, nous apporte quoi en retour ? Quelques billets qui nous donneront une illusion de liberté : celle de consommer. Consommer pour payer les impôts, les factures, les vignettes, la TVA, et la retraite ! D'ailleurs quelle retraite, un RMI de fin de vie ? Et à quel âge. Le MEDEF vient de faire connaître sa position sur le financement des retraites : selon le patronat, les salariés devraient cotiser pendant 45 ans. Ce qui signifie que pour quelqu'un qui commence à bosser (et donc à cotiser) à 25 ans, la retraite sonnera à 70 ans ! Soyez malins, quittez la maternelle, vous aurez la retraite à 50 ans.